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Quelle est l’origine du kalimba ?

Quelle est l'origine du kalimba ?
Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Publié par Ambre Montespan - Mis à jour le 12 juin 2026

Sommaire :

Vous savez ce qu’est un kalimba, ce petit instrument de percussion qui ressemble Ă  un piano miniature, mais d’oĂč vient-il vraiment ? Quand cet instrument est-il apparu pour la premiĂšre fois ? Quelles sont les origines du kalimba ?

J’ai dĂ©couvert le piano Ă  pouces il y a maintenant plus de 10 ans, et sa provenance m’a tout de suite intriguĂ©e. J’ai donc pris le temps de me documenter en profondeur, jusqu’à rĂ©unir les informations essentielles sur la crĂ©ation et l’évolution du kalimba.

Le kalimba trouve ses origines en Afrique subsaharienne il y a plus de 3 000 ans. Il a évolué à plusieurs reprises, notamment dans les années 1950, lorsque Hugh Tracey a proposé une version occidentalisée de cet instrument de musique dont la popularité a fortement augmenté.

En parcourant cet article, vous dĂ©couvrirez toute l’histoire du kalimba, notamment :

  • La naissance de cet instrument
  • Sa deuxiĂšme invention plusieurs siĂšcles aprĂšs sa disparition
  • La dĂ©couverte du kalimba par les colons occidentaux
  • La version revisitĂ©e inventĂ©e par Hugh Tracey
  • L’évolution des pianos Ă  pouces jusqu’à aujourd’hui

Vous connaĂźtrez ainsi toutes les Ă©tapes qui ont façonnĂ© le kalimba tel qu’on le connaĂźt aujourd’hui. Vous pourrez aussi expliquer clairement Ă  vos proches d’oĂč provient ce curieux instrument lorsqu’ils vous verront avec un tel objet entre les mains.

Entrons maintenant dans l’histoire du kalimba pour mieux comprendre ses origines.

Deux mains qui tiennent un ancien kalimba traditionnel

À quand remonte la naissance du kalimba ?

Les premiĂšres traces archĂ©ologiques du kalimba situent sa naissance il y a environ 3 000 ans sur la cĂŽte ouest africaine, principalement dans l’actuel Cameroun. À cette Ă©poque, les peuples africains ne maĂźtrisaient pas suffisamment le mĂ©tal, et l’instrument Ă©tait fabriquĂ© Ă  partir de lames de bois, vraisemblablement en bambou. Ces premiers kalimbas Ă©taient donc plus fragiles que ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Au final, peu de traces ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes au sujet de ces pianos Ă  pouces avec des touches en bambou. Toujours selon les dĂ©couvertes archĂ©ologiques actuelles, le kalimba aurait ensuite complĂštement disparu, avant de refaire surface un millĂ©naire plus tard Ă  l’autre bout du continent, sous une nouvelle forme.

La deuxiĂšme invention du piano Ă  pouces plusieurs siĂšcles aprĂšs sa premiĂšre apparition

Bien plus tard, aprÚs sa premiÚre apparition avec des touches en bambou, le piano à pouces réapparaßt il y a approximativement 1 300 ans, toujours en Afrique, mais cette fois dans la région du ZambÚze, un fleuve qui traverse notamment la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique.

4 Mbiras traditionnels disposés sur une table

À ce moment, les archĂ©ologues constatent que le kalimba a Ă©voluĂ©. Les lames, auparavant faites de bambou, sont maintenant en mĂ©tal, ce qui amĂ©liore la rĂ©sistance de l’instrument. À ce jour, aucun Ă©lĂ©ment ne permet de relier le kalimba Ă  lames de bambou vieux de 3 000 ans Ă  celui dotĂ© de touches en mĂ©tal. C’est pourquoi cet instrument originaire d’Afrique est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme ayant Ă©tĂ© inventĂ© Ă  deux reprises, mĂȘme si la proximitĂ© gĂ©ographique demeure Ă©tonnante.

Le piano à doigts à lames métalliques se propage ensuite à travers le continent africain, plus particuliÚrement au Zimbabwe parmi le peuple shona. Les membres de ce peuple utilisent le kalimba de façon importante dans leurs relations sociales. Il accompagne des événements comme les mariages, mais il sert aussi, dans un cadre plus mystique, à entrer en contact avec les esprits ou les défunts.

Le peuple shona donne alors le nom de mbira Ă  cet instrument. Plusieurs autres appellations ont aussi Ă©tĂ© créées Ă  travers l’Afrique pour dĂ©signer le piano Ă  pouces. Parmi les plus connues, on trouve : « likembe », « mbila », « huru », « nhare », « matepe », « njari », « okeme », « ubo », « gyilgo », « sanza » et le fameux « kalimba ».

Aujourd’hui, ces mots n’ont pas tous la mĂȘme signification. Pour mieux comprendre les nuances, consultez notre article sur la diffĂ©rence entre un kalimba, un mbira, une sanza ou une sansula. Vous y verrez plus clair parmi tous ces noms, dont les distinctions sont parfois trĂšs fines.

Un kalimba rond avec un manche en forme de renard

La découverte du piano à doigts par les colons occidentaux

Les premiĂšres traces Ă©crites du piano Ă  pouces datent du 16ᔉ siĂšcle et sont l’Ɠuvre de JoĂŁo dos Santos, un missionnaire dominicain portugais. Celui-ci se rend en 1586 en Afrique de l’Est, dans les actuels Mozambique, Zimbabwe et Malawi, qui Ă©taient alors des colonies portugaises. JoĂŁo dos Santos reste un peu plus de 11 ans en Afrique et quitte le continent en 1597. Quelques annĂ©es plus tard, en 1607, il publie une description des rĂ©gions d’Afrique qu’il a visitĂ©es dans un ouvrage intitulĂ© « Ethiopia Oriental ». C’est dans cette Ɠuvre que les pianos Ă  pouces sont mentionnĂ©s par Ă©crit pour la premiĂšre fois.

Le pĂšre JoĂŁo dos Santos dĂ©crit alors un instrument de musique particulier qu’il nomme « ambira », composĂ© de 9 lamelles de mĂ©tal montĂ©es sur un support en bois. Selon cet explorateur, l’instrument produit des sons « doux et purs », et la personne qui en joue doit avoir des ongles plutĂŽt longs pour l’utiliser correctement. Il prĂ©cise aussi que cet instrument de la famille des percussions ne produit pas un volume sonore Ă©levĂ© et qu’il convient donc davantage aux ambiances intimistes. Par la suite, plusieurs autres explorateurs dĂ©crivent des pianos Ă  pouces dans leurs Ă©crits.

Qui a créé le kalimba moderne ?

Le kalimba moderne a Ă©tĂ© inventĂ© par l’ethnomusicologue Hugh Tracey dans les annĂ©es 1950. En 1921, Hugh Tracey quitte l’Angleterre, sa terre natale, pour se rendre dans l’ancienne RhodĂ©sie du Sud, une colonie britannique correspondant Ă  l’actuel Zimbabwe, afin de travailler dans la ferme de tabac de son frĂšre.

C’est lĂ  qu’il se passionne pour la musique africaine et ses instruments atypiques. Hugh Tracey se concentre alors sur le piano Ă  pouces et consacre plusieurs annĂ©es Ă  concevoir une version occidentalisĂ©e de l’instrument, qu’il nomme kalimba en reprenant l’un des noms traditionnellement utilisĂ©s par les peuples africains.

La plus grande Ă©volution du modĂšle proposĂ© par l’ethnomusicologue est que l’instrument est maintenant accordĂ© selon la gamme diatonique. Autrement dit, les notes jouables sur le kalimba correspondent dĂ©sormais Ă  celles de la musique occidentale : do, rĂ©, mi, fa, sol, la et si. C’est le mĂȘme principe que pour une guitare Ă©lectrique, un ukulĂ©lĂ©, d’autres instruments Ă  cordes ou encore des instruments Ă  clavier comme le piano. Avant cela, les pianos Ă  pouces n’étaient pas vraiment harmonisĂ©s entre eux, et les lamelles Ă©taient accordĂ©es selon des sonoritĂ©s plus variables. Chaque musicien arrangeait le piano Ă  doigts Ă  sa maniĂšre. Le kalimba d’Hugh Tracey compte dĂ©sormais 15 lames et est accordĂ© en sol majeur, ce qui lui permet d’interprĂ©ter des partitions trĂšs mĂ©lodiques.

Une personne assise en tailleur qui joue du piano Ă  pouces

Hugh Tracey modifie aussi le support sur lequel sont montĂ©es les touches en acier. Auparavant, ce support Ă©tait une simple planche de bois ou une calebasse. Il devient maintenant creux, comme une boĂźte, avec un trou placĂ© au centre. Cette conception permet de former une caisse de rĂ©sonance avec le corps en bois massif du kalimba et d’augmenter le volume sonore global de cet instrument Ă  percussion originaire d’Afrique. GrĂące Ă  ce dispositif acoustique, il devient aussi possible de produire des effets sonores avec cet instrument d’Afrique de l’Ouest.

Une fois son kalimba finalisĂ©, Hugh Tracey fonde la sociĂ©tĂ© AMI, pour « African Musical Instruments », afin de commercialiser son kalimba dans le monde entier. Il est aussi vendu Ă  un prix assez Ă©levĂ© comme jouet Ă©ducatif pour enfants par la sociĂ©tĂ© « Creative Playthings » aux États-Unis d’AmĂ©rique, aux cĂŽtĂ©s d’autres instruments comme des guitares, des claviers, des instruments Ă  cordes ou des flĂ»tes. L’objectif est alors d’associer le kalimba aux mĂ©thodes d’éducation musicale pratiquĂ©es dans l’enseignement de l’époque.

L’évolution du piano Ă  pouces jusqu’à notre Ă©poque

Depuis les annĂ©es 1950, le modĂšle de likembe ou de kalimba d’Hugh Tracey s’est d’abord popularisĂ©, puis il a encore Ă©voluĂ©.

Cette popularisation s’est surtout faite grĂące aux fils de l’ethnomusicologue, qui ont jouĂ© du kalimba dans plusieurs revues musicales amĂ©ricaines dans les annĂ©es 1960. Le kalimba connaĂźt ensuite une vĂ©ritable consĂ©cration lorsque le cĂ©lĂšbre groupe Earth, Wind and Fire obtient du succĂšs avec son titre « A Kalimba Story », sorti en 1974. On y entend l’instrument rĂ©vĂ©ler tout son potentiel musical, accompagnĂ© par la voix de Maurice White. Vous pouvez dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir ce titre juste ci-dessous :

Depuis cette Ă©poque, les fabricants et artisans de kalimbas se sont multipliĂ©s. Les façons de concevoir cet instrument aussi. Des modĂšles avec beaucoup moins de lames, souvent associĂ©s Ă  des jouets, sont rapidement apparus, tout comme d’autres modĂšles qui en comptent beaucoup plus. Si le modĂšle de base avait 15 lames et Ă©tait accordĂ© en sol majeur, il semble que, maintenant, la plupart des kalimbas comportent 17 notes avec un accordage en do majeur.

Le support du kalimba a Ă©galement beaucoup changĂ©. Il y a encore quelques annĂ©es, seul le bois Ă©tait utilisĂ© pour fabriquer ce type d’instrument de musique. Aujourd’hui, le piano Ă  pouces peut aussi ĂȘtre fabriquĂ© avec un corps en verre acrylique, un polymĂšre plastique transparent qui offre un design unique et une grande rĂ©sistance aux Ă©lĂ©ments extĂ©rieurs. Les supports prennent aussi des formes plus ludiques. Ainsi, le design classique en forme de boĂźte d’Hugh Tracey n’est plus le seul choix : on trouve des kalimbas en forme de chat, de renard ou simplement de forme ronde, Ă  petits prix. Les essences de bois Ă©voluent aussi, puisque le mbira peut maintenant ĂȘtre conçu en acajou, en acacia ou en noyer. Bref, il y en a dĂ©sormais pour tous les goĂ»ts.

La multiplication du nombre de lamelles a aussi permis l’apparition de kalimbas Ă  Ă©chelle chromatique, qui comportent les 12 demi-tons de la musique occidentale traditionnelle. C’est une Ă©volution majeure pour ce petit instrument de la famille des percussions, qui gagne en potentiel grĂące Ă  une gamme de notes plus complĂšte et Ă  un accordage plus polyvalent. Il devient alors possible d’apprendre des partitions plus Ă©laborĂ©es. En contrepartie, son prix a aussi augmentĂ© par rapport Ă  un modĂšle plus classique. Enfin, d’autres fabricants comme Hokema, Gecko ou Hluru sont arrivĂ©s sur le marchĂ© pour concurrencer la marque d’Hugh Tracey, avec des nouveautĂ©s comme des accessoires pour protĂ©ger les doigts ou le pouce de l’instrumentiste, ou encore des livrets de partitions. Les vibrations produites par les lamelles se sont aussi amĂ©liorĂ©es.

Un piano Ă  pouces en acrylique tenu par deux mains

L’inscription du mbira au patrimoine culturel immatĂ©riel de l’UNESCO en 2020

Lors de la quinziĂšme session du ComitĂ© intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatĂ©riel en dĂ©cembre 2020, l’art de fabriquer et de jouer du mbira a Ă©tĂ© inscrit au patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ© par l’UNESCO pour le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant qu’il joue au Malawi et au Zimbabwe. À cette occasion, le piano Ă  pouces a Ă©tĂ© dĂ©crit comme produisant « un son fluide et percutant, jugĂ© mystique, paisible et enchanteur ».

À mon avis, c’est une reconnaissance mĂ©ritĂ©e pour cet instrument de musique encore considĂ©rĂ© comme atypique, mais qui gagne en popularitĂ© d’annĂ©e en annĂ©e en Occident, notamment en France, auprĂšs des joueurs et des musiciens qui apprĂ©cient ses sonoritĂ©s douces. Sur certains modĂšles de qualitĂ© typiquement africains, on trouve mĂȘme des rĂ©sonateurs en capsules de bouteille, ce qui ajoute un charme particulier au kalimba.

Deux kalimbas artisanaux posés sur une table avec une bougie

Procurez-vous un kalimba pour découvrir un instrument unique

Contrairement au tambour ou Ă  la batterie, le kalimba, aussi appelĂ© sanza, est un instrument chargĂ© d’histoire, dont certains secrets demeurent inconnus. Vieux de plus de 3 000 ans, son origine est trĂšs souvent ignorĂ©e par la plupart des instrumentistes qui en jouent. Vous connaissez maintenant tout le passĂ© du piano Ă  pouces. Vous savez d’oĂč il vient et vous pourrez raconter son histoire Ă  celles et ceux qui voudront l’entendre.

Cela dit, la popularitĂ© du kalimba ne facilite pas toujours le choix d’un instrument de qualitĂ©. Il existe maintenant tellement de fabricants de pianos Ă  pouces qu’il peut ĂȘtre difficile de s’y retrouver, surtout pour les dĂ©butants. Pour aider ces personnes Ă  faire un bon choix, la boutique Instruments du Monde propose un kalimba Ă  caisse de rĂ©sonance d’une grande finesse, fabriquĂ© en bois d’acacia, Ă  prix avantageux et fourni avec tous les accessoires utiles.

DĂ©couvrez les sonoritĂ©s africaines de ce kalimba en acacia en cliquant sur l’image ci-dessous :

Les origines du kalimba n’ont maintenant plus de secret pour vous. Toutefois, si vous envisagez de vous procurer un tel instrument, savez-vous comment le choisir ? Nous vous invitons Ă  consulter notre guide sur la marque de kalimba Ă  choisir pour profiter d’un bon rapport qualitĂ©-prix. Vous pourrez ainsi faire un bon investissement pour votre piano Ă  pouces. Notre guide sur le kalimba demeure aussi une ressource utile.

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