
Publié par Ambre Montespan - Mis à jour le 25 sept. 2026
Sommaire :
Vous savez ce qu’est un kalimba, ce petit instrument de percussion qui ressemble à un piano miniature, mais d’où vient-il vraiment ? Quand cet instrument est-il apparu pour la première fois ? Quelles sont les origines du kalimba ?
J’ai découvert le piano à pouces il y a maintenant plus de 10 ans, et sa provenance m’a tout de suite intriguée. J’ai donc pris le temps de me documenter en profondeur, jusqu’à réunir les informations essentielles sur la création et l’évolution du kalimba.
Le kalimba trouve ses origines en Afrique subsaharienne il y a plus de 3 000 ans. Il a évolué à plusieurs reprises, notamment dans les années 1950, lorsque Hugh Tracey a proposé une version occidentalisée de cet instrument de musique dont la popularité a fortement augmenté.
En parcourant cet article, vous découvrirez toute l’histoire du kalimba, notamment :
- La naissance de cet instrument
- Sa deuxième invention plusieurs siècles après sa disparition
- La découverte du kalimba par les colons occidentaux
- La version revisitée inventée par Hugh Tracey
- L’évolution des pianos à pouces jusqu’à aujourd’hui
Vous connaîtrez ainsi toutes les étapes qui ont façonné le kalimba tel qu’on le connaît aujourd’hui. Vous pourrez aussi expliquer clairement à vos proches d’où provient ce curieux instrument lorsqu’ils vous verront avec un tel objet entre les mains.
Entrons maintenant dans l’histoire du kalimba pour mieux comprendre ses origines.

À quand remonte la naissance du kalimba ?
Les premières traces archéologiques du kalimba situent sa naissance il y a environ 3 000 ans sur la côte ouest africaine, principalement dans l’actuel Cameroun. À cette époque, les peuples africains ne maîtrisaient pas suffisamment le métal, et l’instrument était fabriqué à partir de lames de bois, vraisemblablement en bambou. Ces premiers kalimbas étaient donc plus fragiles que ceux que nous connaissons aujourd’hui.
Au final, peu de traces ont été découvertes au sujet de ces pianos à pouces avec des touches en bambou. Toujours selon les découvertes archéologiques actuelles, le kalimba aurait ensuite complètement disparu, avant de refaire surface un millénaire plus tard à l’autre bout du continent, sous une nouvelle forme.
La deuxième invention du piano à pouces plusieurs siècles après sa première apparition
Bien plus tard, après sa première apparition avec des touches en bambou, le piano à pouces réapparaît il y a approximativement 1 300 ans, toujours en Afrique, mais cette fois dans la région du Zambèze, un fleuve qui traverse notamment la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique.

À ce moment, les archéologues constatent que le kalimba a évolué. Les lames, auparavant faites de bambou, sont maintenant en métal, ce qui améliore la résistance de l’instrument. À ce jour, aucun élément ne permet de relier le kalimba à lames de bambou vieux de 3 000 ans à celui doté de touches en métal. C’est pourquoi cet instrument originaire d’Afrique est généralement considéré comme ayant été inventé à deux reprises, même si la proximité géographique demeure étonnante.
Le piano à doigts à lames métalliques se propage ensuite à travers le continent africain, plus particulièrement au Zimbabwe parmi le peuple shona. Les membres de ce peuple utilisent le kalimba de façon importante dans leurs relations sociales. Il accompagne des événements comme les mariages, mais il sert aussi, dans un cadre plus mystique, à entrer en contact avec les esprits ou les défunts.
Le peuple shona donne alors le nom de mbira à cet instrument. Plusieurs autres appellations ont aussi été créées à travers l’Afrique pour désigner le piano à pouces. Parmi les plus connues, on trouve : « likembe », « mbila », « huru », « nhare », « matepe », « njari », « okeme », « ubo », « gyilgo », « sanza » et le fameux « kalimba ».
Aujourd’hui, ces mots n’ont pas tous la même signification. Pour mieux comprendre les nuances, consultez notre article sur la différence entre un kalimba, un mbira, une sanza ou une sansula. Vous y verrez plus clair parmi tous ces noms, dont les distinctions sont parfois très fines.

La découverte du piano à doigts par les colons occidentaux
Les premières traces écrites du piano à pouces datent du 16ᵉ siècle et sont l’œuvre de João dos Santos, un missionnaire dominicain portugais. Celui-ci se rend en 1586 en Afrique de l’Est, dans les actuels Mozambique, Zimbabwe et Malawi, qui étaient alors des colonies portugaises. João dos Santos reste un peu plus de 11 ans en Afrique et quitte le continent en 1597. Quelques années plus tard, en 1607, il publie une description des régions d’Afrique qu’il a visitées dans un ouvrage intitulé « Ethiopia Oriental ». C’est dans cette œuvre que les pianos à pouces sont mentionnés par écrit pour la première fois.
Le père João dos Santos décrit alors un instrument de musique particulier qu’il nomme « ambira », composé de 9 lamelles de métal montées sur un support en bois. Selon cet explorateur, l’instrument produit des sons « doux et purs », et la personne qui en joue doit avoir des ongles plutôt longs pour l’utiliser correctement. Il précise aussi que cet instrument de la famille des percussions ne produit pas un volume sonore élevé et qu’il convient donc davantage aux ambiances intimistes. Par la suite, plusieurs autres explorateurs décrivent des pianos à pouces dans leurs écrits.
Qui a créé le kalimba moderne ?
Le kalimba moderne a été inventé par l’ethnomusicologue Hugh Tracey dans les années 1950. En 1921, Hugh Tracey quitte l’Angleterre, sa terre natale, pour se rendre dans l’ancienne Rhodésie du Sud, une colonie britannique correspondant à l’actuel Zimbabwe, afin de travailler dans la ferme de tabac de son frère.
C’est là qu’il se passionne pour la musique africaine et ses instruments atypiques. Hugh Tracey se concentre alors sur le piano à pouces et consacre plusieurs années à concevoir une version occidentalisée de l’instrument, qu’il nomme kalimba en reprenant l’un des noms traditionnellement utilisés par les peuples africains.
La plus grande évolution du modèle proposé par l’ethnomusicologue est que l’instrument est maintenant accordé selon la gamme diatonique. Autrement dit, les notes jouables sur le kalimba correspondent désormais à celles de la musique occidentale : do, ré, mi, fa, sol, la et si. C’est le même principe que pour une guitare électrique, un ukulélé, d’autres instruments à cordes ou encore des instruments à clavier comme le piano. Avant cela, les pianos à pouces n’étaient pas vraiment harmonisés entre eux, et les lamelles étaient accordées selon des sonorités plus variables. Chaque musicien arrangeait le piano à doigts à sa manière. Le kalimba d’Hugh Tracey compte désormais 15 lames et est accordé en sol majeur, ce qui lui permet d’interpréter des partitions très mélodiques.

Hugh Tracey modifie aussi le support sur lequel sont montées les touches en acier. Auparavant, ce support était une simple planche de bois ou une calebasse. Il devient maintenant creux, comme une boîte, avec un trou placé au centre. Cette conception permet de former une caisse de résonance avec le corps en bois massif du kalimba et d’augmenter le volume sonore global de cet instrument à percussion originaire d’Afrique. Grâce à ce dispositif acoustique, il devient aussi possible de produire des effets sonores avec cet instrument d’Afrique de l’Ouest.
Une fois son kalimba finalisé, Hugh Tracey fonde la société AMI, pour « African Musical Instruments », afin de commercialiser son kalimba dans le monde entier. Il est aussi vendu à un prix assez élevé comme jouet éducatif pour enfants par la société « Creative Playthings » aux États-Unis d’Amérique, aux côtés d’autres instruments comme des guitares, des claviers, des instruments à cordes ou des flûtes. L’objectif est alors d’associer le kalimba aux méthodes d’éducation musicale pratiquées dans l’enseignement de l’époque.
L’évolution du piano à pouces jusqu’à notre époque
Depuis les années 1950, le modèle de likembe ou de kalimba d’Hugh Tracey s’est d’abord popularisé, puis il a encore évolué.
Cette popularisation s’est surtout faite grâce aux fils de l’ethnomusicologue, qui ont joué du kalimba dans plusieurs revues musicales américaines dans les années 1960. Le kalimba connaît ensuite une véritable consécration lorsque le célèbre groupe Earth, Wind and Fire obtient du succès avec son titre « A Kalimba Story », sorti en 1974. On y entend l’instrument révéler tout son potentiel musical, accompagné par la voix de Maurice White. Vous pouvez découvrir ou redécouvrir ce titre juste ci-dessous :
Depuis cette époque, les fabricants et artisans de kalimbas se sont multipliés. Les façons de concevoir cet instrument aussi. Des modèles avec beaucoup moins de lames, souvent associés à des jouets, sont rapidement apparus, tout comme d’autres modèles qui en comptent beaucoup plus. Si le modèle de base avait 15 lames et était accordé en sol majeur, il semble que, maintenant, la plupart des kalimbas comportent 17 notes avec un accordage en do majeur.
Le support du kalimba a également beaucoup changé. Il y a encore quelques années, seul le bois était utilisé pour fabriquer ce type d’instrument de musique. Aujourd’hui, le piano à pouces peut aussi être fabriqué avec un corps en verre acrylique, un polymère plastique transparent qui offre un design unique et une grande résistance aux éléments extérieurs. Les supports prennent aussi des formes plus ludiques. Ainsi, le design classique en forme de boîte d’Hugh Tracey n’est plus le seul choix : on trouve des kalimbas en forme de chat, de renard ou simplement de forme ronde, à petits prix. Les essences de bois évoluent aussi, puisque le mbira peut maintenant être conçu en acajou, en acacia ou en noyer. Bref, il y en a désormais pour tous les goûts.
La multiplication du nombre de lamelles a aussi permis l’apparition de kalimbas à échelle chromatique, qui comportent les 12 demi-tons de la musique occidentale traditionnelle. C’est une évolution majeure pour ce petit instrument de la famille des percussions, qui gagne en potentiel grâce à une gamme de notes plus complète et à un accordage plus polyvalent. Il devient alors possible d’apprendre des partitions plus élaborées. En contrepartie, son prix a aussi augmenté par rapport à un modèle plus classique. Enfin, d’autres fabricants comme Hokema, Gecko ou Hluru sont arrivés sur le marché pour concurrencer la marque d’Hugh Tracey, avec des nouveautés comme des accessoires pour protéger les doigts ou le pouce de l’instrumentiste, ou encore des livrets de partitions. Les vibrations produites par les lamelles se sont aussi améliorées.

L’inscription du mbira au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2020
Lors de la quinzième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en décembre 2020, l’art de fabriquer et de jouer du mbira a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO pour le rôle prépondérant qu’il joue au Malawi et au Zimbabwe. À cette occasion, le piano à pouces a été décrit comme produisant « un son fluide et percutant, jugé mystique, paisible et enchanteur ».
À mon avis, c’est une reconnaissance méritée pour cet instrument de musique encore considéré comme atypique, mais qui gagne en popularité d’année en année en Occident, notamment en France, auprès des joueurs et des musiciens qui apprécient ses sonorités douces. Sur certains modèles de qualité typiquement africains, on trouve même des résonateurs en capsules de bouteille, ce qui ajoute un charme particulier au kalimba.

Procurez-vous un kalimba pour découvrir un instrument unique
Contrairement au tambour ou à la batterie, le kalimba, aussi appelé sanza, est un instrument chargé d’histoire, dont certains secrets demeurent inconnus. Vieux de plus de 3 000 ans, son origine est très souvent ignorée par la plupart des instrumentistes qui en jouent. Vous connaissez maintenant tout le passé du piano à pouces. Vous savez d’où il vient et vous pourrez raconter son histoire à celles et ceux qui voudront l’entendre.
Cela dit, la popularité du kalimba ne facilite pas toujours le choix d’un instrument de qualité. Il existe maintenant tellement de fabricants de pianos à pouces qu’il peut être difficile de s’y retrouver, surtout pour les débutants. Pour aider ces personnes à faire un bon choix, la boutique Instruments du Monde propose un kalimba à caisse de résonance d’une grande finesse, fabriqué en bois d’acacia, à prix avantageux et fourni avec tous les accessoires utiles.
Découvrez les sonorités africaines de ce kalimba en acacia en cliquant sur l’image ci-dessous :
Les origines du kalimba n’ont maintenant plus de secret pour vous. Toutefois, si vous envisagez de vous procurer un tel instrument, savez-vous comment le choisir ? Nous vous invitons à consulter notre guide sur la marque de kalimba à choisir pour profiter d’un bon rapport qualité-prix. Vous pourrez ainsi faire un bon investissement pour votre piano à pouces. Notre guide sur le kalimba demeure aussi une ressource utile.


