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Kalimba, mbira, sanza ou sansula, quelles différences ?

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Publié par Ambre Montespan - Mis à jour le 25 sept. 2026

Kalimba, mbira, sanza ou sansula, quelles différences ?

Sommaire :

Vous avez entendu des appellations comme mbira, sanza, kalimba ou encore sansula pour désigner les pianos à pouces ? Vous vous demandez s’il s’agit du même instrument ? Des différences existent-elles vraiment entre tous ces noms ? Est-ce simplement plusieurs mots pour parler de la même chose, ou y a-t-il une différence importante ?

Passionnée depuis plus de 10 ans par l’univers du piano à pouces, j’ai eu l’occasion d’étudier son histoire, ses origines et les différences, petites ou grandes, entre ces modèles. Je peux donc répondre aux questions que vous vous posez.

Si le mbira ou la sanza sont des instruments traditionnels africains datant de plus de 3000 ans, le kalimba remonte à 1954 et est considéré comme une version revisitée du mbira. La sansula, quant à elle, a été inventée en 2001 en ajoutant une membrane tendue et un cadre au kalimba.

Après avoir lu cet article, vous saurez enfin quelles sont les différences entre un kalimba, un mbira, une sanza et une sansula.

Vous pourrez ainsi identifier rapidement tous ces instruments et déterminer lequel vous convient pour profiter pleinement de la musique.

Entrons tout de suite dans le sujet.

Les points communs entre tous les pianos à pouces

Avant de présenter chaque instrument de musique et ses différences, il est utile de lister rapidement leurs similitudes pour partir sur des bases claires.

Qu’il s’agisse d’un kalimba, d’un mbira, d’une sanza ou d’une sansula, tous ces instruments de musique appartiennent à la famille des idiophones, plus précisément des lamellophones. Les idiophones, du latin « idio », qui signifie soi-même, sont des instruments à percussion dont les sons, et donc les vibrations, sont produits uniquement par le corps de l’instrument lui-même. Les lamellophones sont des idiophones composés d’une ou de plusieurs plaques ou lames dont une extrémité est fixe et l’autre est libre. Le joueur actionne l’extrémité libre pour faire vibrer la lame et produire le son.

Ces instruments comportent aussi tous une table d’harmonie. Autrement dit, une partie de l’instrument reçoit les vibrations des lames pour les amplifier. Dans le cas de ces pianos à pouces, il s’agit d’un bloc de bois ou d’acrylique que le joueur tient dans ses mains. Enfin, tous ces instruments très mélodiques se jouent avec les pouces ou les doigts.

En résumé, le kalimba, le mbira, la sanza et la sansula sont donc nécessairement des lamellophones qui se jouent avec les pouces et possèdent une table d’harmonie pour développer leur acoustique.

Une femme assise en tailleur qui joue du kalimba avec un coeur

Le mbira est-il vraiment différent du kalimba ?

Le mbira se distingue du kalimba par ses origines et par sa conception.

Les origines du mbira

Il est assez difficile de dater précisément l’invention du mbira. Les premières traces de cet instrument remontent à plus de 3 000 ans sur la côte ouest africaine. Le mbira était alors constitué de bois et de lames en bambou. Puis, il disparaît pour finalement réapparaître il y a environ 1300 ans en Afrique centrale et australe, dans la vallée du Zambèze, qui rassemble les pays contemporains suivants : Zambie, Angola, Namibie, Botswana, Zimbabwe et Mozambique. L’instrument a donc beaucoup évolué, puisque les lames en bambou ont cédé leur place à des touches métalliques.

L’instrument devient ainsi populaire, notamment parmi les Shonas, un peuple africain surtout présent au Zimbabwe qui lui donne le nom de mbira. Pendant plusieurs siècles, le mbira est ensuite utilisé à des fins religieuses pour entrer en contact avec les esprits. Il est employé autant par les griots pour communiquer avec les défunts que par les gardiens mystiques de la tribu. Il sert aussi à demander une météo particulière aux esprits et lors de célébrations festives comme les mariages. Aujourd’hui, la popularité du mbira augmente grâce aux nombreux concerts qui font appel à cet instrument de musique.

Un mbira traditionnel avec des capsules

La conception du mbira

Le mbira se distingue aussi du kalimba par sa conception. En effet, sur le mbira, on trouve généralement deux rangées de lames. Ces lames s’élargissent à l’extrémité que le joueur actionne avec les pouces. De plus, les notes de musique jouées par les lames ne sont pas organisées selon l’échelle diatonique comme sur le kalimba, mais accordées autrement. Les sonorités sont donc très différentes, typiquement africaines, et certaines notes de musique peuvent même être absentes d’une gamme, ce qui n’est pas concevable dans le monde musical occidental.

En outre, les mbiras sont parfois équipés, sur leur table d’harmonie, de résonateurs en métal qui sont en réalité des capsules de bouteille habituellement placées en bas. Cela permet à l’instrumentiste ou aux musiciens de créer un effet sonore appelé vibrato. Il existe également des mbiras avec caisse de résonance construite à partir d’une calebasse.

Ci-dessous, vous trouverez une vidéo d’un joueur de mbira traditionnel :

Quelles différences entre une sanza et un kalimba ?

La sanza, aussi appelée senza, est un synonyme du mbira. Il n’y a strictement aucune différence entre une sanza et un mbira, sauf le choix du nom. Certaines tribus africaines utilisent mbira pour désigner un piano à pouces, tandis qu’à quelques dizaines de kilomètres, une autre appellera le même instrument sanza.

Et ce n’est pas tout : en réalité, les pianos à pouces africains portent plus d’une centaine de noms différents comme « likembe », « mbila », « huru », « nhare », « matepe and njari », « okeme », « ubo » ou encore « gyilgo ». Selon la région géographique et l’ethnie, le même objet peut donc avoir plusieurs noms.

Les distinctions du kalimba par rapport aux autres pianos à pouces

Comme nous venons de le voir avec la sanza, le kalimba était également l’un des noms donnés au piano à pouces par divers peuples d’Afrique. Toutefois, ce mot a maintenant une portée différente grâce à l’ethnomusicologue Hugh Tracey.

En parcourant l’Afrique, et plus particulièrement l’ancienne Rhodésie, dans les années 1930, Hugh Tracey s’est beaucoup intéressé aux pianos à pouces. En 1954, il s’en inspira largement pour créer une version occidentalisée de cet instrument qu’il appela kalimba, s’appropriant ainsi l’un des nombreux noms utilisés par les peuples autochtones d’Afrique. Dans cette version, le kalimba n’a qu’une seule rangée de 15 lames plutôt fines et régulières. Le piano à pouces est alors accordé selon l’échelle diatonique en sol majeur. Il possède une caisse de résonance creuse avec un trou sur la face avant pour générer des effets vibrato et deux à l’arrière pour des effets wah-wah. Ce sont les principales différences avec le mbira ou la sanza traditionnelle.

Visionnez ci-dessous le modèle d’Hugh Tracey :

Le kalimba d’Hugh Tracey a connu un grand succès commercial. Plusieurs autres fabricants d’instruments de musique ont repris le modèle proposé par l’ethnomusicologue, au point où toutes les grandes sociétés proposent maintenant des pianos à pouces qu’elles nomment kalimba.

Depuis, le kalimba a encore évolué. Il comporte généralement 17 touches, même si des modèles à 21 lames ont été développés pour augmenter les possibilités sonores. La table d’harmonie, ou corps de l’instrument, peut être en bois d’acajou, mais aussi en verre acrylique transparent, beaucoup plus solide et résistant aux éléments extérieurs. Des kalimbas électroniques, avec des microphones et même avec deux ou trois rangées de lamelles pour obtenir un instrument à échelle chromatique, ont aussi fait leur apparition, ce qui ajoute à la confusion chez les joueurs entre mbira et kalimba.

Pour conclure, ce n’est pas réellement une erreur de nommer kalimba un instrument traditionnel originaire d’Afrique et mbira la version revisitée par Hugh Tracey. Mais, souvent, les habitués des pianos à pouces préfèrent appeler mbira ou sanza les instruments artisanaux et traditionnels venant d’Afrique, et kalimba les modèles occidentalisés, descendants du mbira ou de la sanza, à échelle diatonique (ou bien pentatonique et chromatique), qui ne sont clairement pas des instruments fabriqués directement en Afrique.

Un enfant asiatique en train de jouer du kalimba

Kalimba ou sansula, est-ce pareil ?

Le sansula est bel et bien un instrument de musique différent du kalimba, du mbira ou de la sanza. Il a été inventé plus ou moins accidentellement en 2001 par Peter Hokema, créateur de la marque portant également le même nom.

En jouant du kalimba alors que l’instrument était posé sur un simple tambour sur cadre, Peter Hokema a constaté le potentiel de la combinaison des deux instruments. Il a alors créé un hybride du kalimba et du tambour en fixant le kalimba sur la peau du tambour cerclé de bois. Cela permet de produire une résonance plus forte et de générer des effets sonores particuliers en faisant bouger l’ensemble.

Une femme tenant un sansula entre ses mains

Il a donné le nom de sansula à ce nouvel instrument. Ce nom provient de la combinaison de sanza, que nous avons abordée précédemment, et de « ula », qui signifie petit. Sansula veut donc dire petite sanza.

Vous trouverez une vidéo de présentation du sansula par Peter Hokema lui-même juste en dessous :

Découvrez un kalimba de qualité aux sonorités africaines !

Il est tout à fait normal, pour tout nouveau musicien qui découvre l’univers des pianos à pouces, de ressentir une certaine confusion entre les termes kalimba, sanza, mbira ou sansula. La frontière peut être mince entre ces différents noms d’instruments de musique. Maintenant, vous y voyez sûrement plus clair pour distinguer les différences entre toutes ces appellations, les utiliser correctement et même expliquer le sujet à vos proches et connaissances.

Cependant, les pianos à pouces restent encore des instruments de musique exotiques en Occident. Ils ne sont malheureusement pas aussi répandus que la guitare, le piano ou la trompette. Par conséquent, trouver des kalimbas de qualité n’est pas chose facile. C’est pourquoi Instruments du Monde, société 100 % française, vous facilite la tâche en vous proposant un kalimba de 17 lames avec un mignon petit chat en son centre, qui vous garantit un voyage sonore d’exception.

Procurez-vous maintenant ce superbe kalimba en cliquant sur l’image ci-dessous :

Vous aimez bricoler et vous avez toujours rêvé de créer votre propre piano à pouces ? Grâce à notre tutoriel pour fabriquer son kalimba, vous aurez alors, étape par étape, toutes les clés pour réussir à construire votre instrument de musique africain en DIY (do it yourself). Vous pouvez aussi consulter notre article détaillé sur la sanza.

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1 commentaire

Rodrigues Olga

9 juin 2024

Merci pour votre article qui m’a beaucoup éclairé sur les différents instruments à pouces. Mon choix est fait. Une sensula
Belle journée
Olga

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Ambre Montespan

9 juin 2024

Bonjour Olga,

Merci pour votre agréable commentaire.

Cordialement

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