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D’où vient l’ocarina ? Quelles sont ses origines ?

Portrait d'Ambre Montespan, la rédactrice du Blog d'Instruments du Monde

Publié par Ambre Montespan le 17 avr. 2023 · Mis à jour le 15 oct. 2026

D'où vient l'ocarina ? Quelles sont ses origines ?

Sommaire :

Vous venez de découvrir un petit instrument de musique à vent appelé l’ocarina ? Vous en possédez déjà un et vous vous demandez quelles sont ses origines ? Mais d’où vient ce petit objet qui ressemble beaucoup à une flûte, tout en ayant une forme très particulière ?

Comme je joue de l’ocarina depuis plus de 10 ans, je me suis aussi posé toutes ces questions il y a déjà longtemps. Après m’être bien renseignée sur le sujet, je peux vous résumer clairement les informations recueillies pour mieux comprendre cet instrument.

L’ocarina a officiellement été inventé en 1853 en Italie par Giuseppe Donati. Toutefois, il s’est largement inspiré d’instruments beaucoup plus anciens venant d’Asie, d’Afrique et de Mésoamérique, dont certains datent d’il y a 12 000 ans.

Après avoir lu cet article, vous saurez :

  • Quels instruments ont mené à la création de l’ocarina
  • Quelles étapes ont permis l’apparition de la version moderne de cet instrument à vent

Vous apprendrez donc tout ce qu’il faut savoir sur les origines de l’ocarina. Vous pourrez ensuite expliquer facilement à vos proches l’histoire de ce petit instrument de musique.

Entrons maintenant dans l’histoire de la naissance de l’ocarina.

Quels instruments de musique ont inspiré l’ocarina ?

Plusieurs cultures ont développé, de manière indépendante, un instrument de musique ressemblant à un ocarina rudimentaire. Des traces archéologiques de flûtes globulaires ont ainsi été découvertes en Mésoamérique, en Asie, mais aussi en Afrique et en Europe.

Une femme qui joue avec un ocarina rouge

Les vestiges préhistoriques africains de cet instrument à vent

Fonctionnant selon le même principe qu’un ocarina, un sifflet en argile datant d’il y a 30 000 ans a été découvert en Afrique centrale. Toutefois, il ne peut pas être considéré comme un instrument de musique. En revanche, des flûtes globulaires permettant de jouer quelques notes ont été retrouvées sur ce continent, notamment en Égypte, et les plus anciennes ont été fabriquées il y a 12 000 ans. Cela permet d’affirmer que l’ocarina s’inspire d’instruments créés aux débuts de l’humanité. Les fouilles archéologiques en Afrique ont livré peu d’informations, sauf que l’instrument pouvait aussi être fabriqué en pierre, en os ou en écorce.

Les traces d’anciens ocarinas en Mésoamérique

On peut parfois entendre ou lire que les Incas ou les Mayas auraient inventé un instrument similaire à l’ocarina, mais de forme ronde, avec seulement 4 trous et permettant de jouer 5 notes de musique. La réalité est plus complexe. En effet, les fouilles archéologiques et les recherches menées par Curt Sachs, un ethnomusicologue allemand fondateur de l’organologie, l’étude des instruments de musique, ont démontré que les Chibchas en seraient plutôt les inventeurs. Il s’agit d’un peuple vivant dans l’actuelle Colombie entre -500 et 1 536. Les vestiges trouvés sur leurs anciens lieux de vie ont mis en évidence la présence de flûtes globulaires en argile, voire en or dans certaines sépultures. Des exemplaires en bois auraient aussi pu être fabriqués, mais ils n’auraient pas résisté aux dommages causés par le passage du temps.

En revanche, les peuples voisins ne possédaient pas vraiment de tels instruments, mais plutôt de simples sifflets permettant d’interpréter une ou deux notes de musique. Ainsi, il semble que les Chibchas aient d’abord développé un ocarina rudimentaire avant qu’il se diffuse à d’autres peuples comme les Mayas, les Incas ou encore les Aztèques. Par la suite, le modèle des Chibchas a évolué et des instruments plus complexes comprenant 8 trous ont été découverts au Pérou, avant d’être eux aussi popularisés dans la quasi-totalité de l’Amérique du Sud. L’instrument prend alors une forme d’œuf, ou forme ovoïde. Certains exemplaires destinés aux classes les plus aisées de la population pouvaient être ouvragés pour leur donner une forme particulière, comme sur la photo ci-dessous, où une divinité coiffée de plumes a été sculptée dans l’argile.

Un ocarina antique d'amérique du sud

Les antiques flûtes globulaires trouvées en Europe

À partir de 1966, des fouilles archéologiques dans la ville de Runik, dans l’ancien Kosovo, ont mené à une découverte étonnante : un petit instrument à vent de 8 cm (3,15 po) de long en terre cuite, comportant une embouchure et 4 autres trous datant du néolithique. Ce petit objet, baptisé l’Ocarina de Runik, est âgé de plus de 8 000 ans et démontre que les peuples établis en Europe possédaient eux aussi certaines connaissances en matière d’instruments de musique. Par la suite, un autre instrument de type ocarina a été découvert en Roumanie sur le site de Liubcova Orniţa. Celui-ci date de plus de 5 000 ans.

Mais l’ocarina disparaît rapidement en Europe. Il faut attendre le 15ᵉ siècle, dans l’actuelle Allemagne, pour que le gemshorn soit inventé. Il s’agit d’une sorte de flûte créée à partir d’une corne de chamois évidée et percée. Le gemshorn possède une embouchure comme l’ocarina et se joue de manière similaire. Visionnez la vidéo ci-dessous pour découvrir une version contemporaine de ce bel instrument.

L’ocarina dans les anciennes cultures asiatiques

Des traces de petits instruments de type ocarina ont été trouvées en Chine, au Japon, en Corée et dans quelques autres pays d’Asie. Par exemple, des exemplaires en forme d’oiseau ont été découverts en Inde. Il est aussi intéressant de mentionner le xun, un des plus vieux instruments de musique chinois, utilisé depuis plus de 7 000 ans. Il ressemble beaucoup à l’ocarina, sauf qu’avec l’ocarina, le musicien utilise une embouchure pour souffler dans l’instrument, alors qu’avec le xun, l’instrumentiste garde sa bouche à une certaine distance du trou. Vu la proximité entre le xun et les vestiges d’anciens ocarinas trouvés en Asie, il est très probable que ces deux instruments se soient inspirés l’un de l’autre. Vous pouvez voir une vidéo du xun ci-dessous :

Comment l’ocarina moderne a-t-il été créé ? Quelle est son origine ?

Il faut attendre la conquête de l’actuel Mexique par l’Espagnol Hernán Cortés (1519-1521) pour qu’une nouvelle étape vers l’apparition de l’ocarina moderne soit franchie. À la fin de cette conquête, les Espagnols ont rapporté de leurs expéditions tout ce qu’ils considéraient comme étrange et inhabituel, dont des musiciens aztèques et mayas qui possédaient des ocarinas de 8 trous. Ces musiciens se sont produits devant le roi Charles Quint, qui les trouva particulièrement intéressants.

Sous l’impulsion de ce monarque, les musiciens ont présenté des spectacles dans toute l’Europe. La légende rapporte qu’un boulanger anonyme de Rome, impressionné par l’acoustique de ce nouveau genre de flûte, décida d’en produire des exemplaires. Les boulangers de l’époque avaient l’habitude de fabriquer de petits objets en terre cuite qu’ils plaçaient dans leur four en même temps que le pain. Rapidement, ces petites flûtes ont aussi été conçues par d’autres boulangers et se sont diffusées dans toute l’Italie pendant plus de 300 ans. Durant cette période, cette version simple de l’ocarina n’était toutefois pas considérée comme un instrument de musique, mais plutôt comme un souvenir ou un jouet pour enfants. À ce moment, l’ocarina conserve sa forme ovoïde provenant d’Amérique du Sud.

Il faut attendre 1853 pour qu’un jeune briquetier italien de 17 ans appelé Giuseppe Donati fabrique le premier véritable ocarina. La première évolution notable se trouve dans la forme de l’instrument, qui n’est plus ronde, mais ressemble vaguement à une tête d’oie. C’est cette forme particulière qui donne naissance au nom ocarina. Il s’agit d’un dérivé du mot « ucarèina » ou « ucarènna », qui signifie « petite oie » dans un patois de la ville de Bologne. De plus, l’objet possède maintenant 10 trous disposés ingénieusement pour que le musicien utilise la totalité de ses doigts lorsqu’il en joue. L’ocarina est alors considéré comme un véritable instrument de musique, capable d’interpréter une quantité suffisante de notes. En 1864, Giuseppe Donati forme le « Gruppo Ocarinistico Budriese » ou le « Groupe d’Ocarinistes de Budrio », sa ville natale, pour promouvoir cet instrument dans le monde. Ce groupe continue aujourd’hui de se produire depuis plus de 150 ans, et vous pouvez voir l’une de ses performances récentes dans la vidéo ci-dessous :

Comment cet instrument à vent a-t-il évolué depuis sa création par Giuseppe Donati ?

L’ocarina a rapidement franchi les frontières italiennes pour se diffuser dans toute l’Europe, mais c’est principalement aux États-Unis d’Amérique, à partir du 20ᵉ siècle, qu’il prendra une place importante dans la culture musicale de ce pays. Cet instrument a vite séduit la population grâce à sa facilité de transport et à ses sonorités douces. Pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les soldats américains y jouaient à de nombreuses occasions. Puis, à partir des années 1950, l’ocarina était enseigné aux enfants dans les écoles publiques. Il était surnommé « Patate douce » en raison de sa ressemblance avec ce tubercule et de la douceur des sons qu’il produit.

En Asie, l’ocarina a aussi su se faire une place parmi les autres instruments. En 1928, le sculpteur japonais Takashi Aketagawa améliore le modèle de Giuseppe Donati en ajoutant deux autres trous plus petits sur la face supérieure de l’ocarina. L’instrument comporte alors 12 trous, possède une tessiture plus étendue vers le grave et devient le modèle de référence actuel. Toutefois, ce modèle ne s’est fait connaître qu’à partir de 1986, lorsqu’un des meilleurs instrumentistes d’ocarina, le Japonais Nomura Sojiro, composa une mélodie pour le documentaire « The Great Yellow River », qui connut un grand succès. Vous pouvez entendre ce morceau dans la vidéo ci-dessous :

Cela n’a pas empêché l’ocarina de tomber progressivement dans l’oubli collectif. Même si des exemplaires à double et triple chambre, permettant de jouer un grand nombre de notes sur plusieurs octaves, avaient été inventés, la classique flûte à bec était préférée à l’ocarina, car elle était plus résistante, coûtait moins cher et permettait de jouer une gamme de notes plus étendue.

Néanmoins, un jeu vidéo sorti en 1998 sur Nintendo 64 a donné un nouveau souffle à cet instrument. Il s’agit de Zelda : Ocarina of Time, qui propose au joueur d’incarner Link, un héros qui apprend à jouer plusieurs morceaux d’ocarina pour sauver sa princesse. Le succès international de ce jeu vidéo a largement contribué, et contribue encore, à la popularisation de cet instrument. Aujourd’hui, on peut entendre l’ocarina lors de concerts ou dans certains films.

Procurez-vous cet objet musical aux origines italiennes

Si l’ocarina porte un nom aux origines italiennes évidentes, cet instrument de musique en céramique prend sa source en Mésoamérique. Il a ensuite évolué au Japon pour atteindre sa forme la plus populaire, le modèle à 12 trous. Vous connaissez maintenant toute l’histoire de ce petit instrument, qui saura vous charmer grâce à ses sonorités apaisantes.

Toutefois, les ocarinas ne sont toujours pas des instruments faciles à trouver dans les magasins de musique. Il peut être assez compliqué de vous en procurer un, surtout si vous avez des critères précis de design ou de capacités acoustiques. Il est donc recommandé de magasiner auprès de la boutique Instruments du Monde, qui propose plus de 50 modèles différents d’ocarinas afin de satisfaire tous les musiciens. Vous pourrez, par exemple, découvrir ce superbe modèle de 12 trous offert en 3 coloris.

Procurez-vous maintenant cet ocarina en cliquant sur l’image ci-dessous :

Saviez-vous qu’il était possible de jouer des notes différentes avec votre instrument ? Découvrez comment faire en consultant notre article consacré à l’accordage de l’ocarina. C’est aussi une étape indispensable si vous souhaitez fabriquer votre propre exemplaire afin d’interpréter des notes de musique justes.

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